LETTRE D’INFORMATION ETE 2020

Réouverture du Centre !

Chers toutes et tous,
Nous espérons que vous allez toutes et tous bien. Une bonne nouvelle : le Centre Artistique International Roy Hart rouvre le 1er juillet ! Cette réouverture se fera en douceur, avec un seul stage la première semaine de juillet. La liste des stages annulés ou reportés est régulièrement mise à jour sur notre site internet. Vous pouvez vous y référer. Cette réouverture se fera bien entendu dans le respect des normes sanitaires. A bientôt!

Kevin Crawford : « Kevin Crawford : « Des voies pour devenir professeur »

Kevin Crawford est un des membres du groupe de travail qui a réfléchi à la formation des futurs professeurs. Les étapes et les définitions de cette transmission sont à présent établies. Kevin répond à nos questions.

Quel sont les grandes lignes du processus de transmission ?
Nous avons créé un groupe de travail appelé le Collège des Mentors, qui réunit les mentors, des anciens, les enseignants les plus expérimentés, soit au total seize à dix-sept personnes. Nous avons longuement réfléchi aux étapes pour former des enseignants. La dénomination exacte de ces nouveaux enseignants sera : « professeur reconnu par le Centre Roy Hart ».
Les définitions sont maintenant écrites. L’idée maîtresse est : le processus de transmission se fait de personne à personne, comme chez les artisans anciens, de maître à élève. Il n’y a pas un manuel, une référence écrite. La transmission passe uniquement entre un professeur, une personne, et un apprenti, une autre personne. Dans la mesure où nous sommes des personnalités très diverses au sein de la galaxie Roy Hart, cette transmission se fait de manière différente selon les personnes ou les groupes – il y a des personnes individuelles et il y a aussi des groupes points de repère (par exemple Panthéâtre, de Linda et Enrique, ou le groupe pédagogique avancé, Advanced Pedagogic Group, APG, de Saule, Carol, Edda, qui s’appelait avant Teacher training group et a été modifié en APG).
Il n’y a pas une voie royale pour devenir professeur reconnu par le Centre ; il y a des voies, autant que de professeurs du corps des mentors.

Comment va-t-on évaluer, qui va décider que quelqu’un est susceptible d’être professeur ?
Nous ne souhaitons pas un cursus précis ou rigide, mais afin d’établir une forme commune, nous instaurons deux étapes.
Premier stade : approfondir son travail en tant que personne et artiste, à travers des stages, des leçons avec différents professeurs, des stages de longue haleine ou intensifs. Il est important de développer un rapport privilégié avec un ou quelques enseignants, qui peuvent voir l’évolution de l’élève dans le temps. Changer de professeur en permanence risquerait d’empêcher d’aller au bout avec quelqu’un. Les deux sont nécessaires : rencontrer une diversité de professeurs ; construire une continuité dans le travail avec quelqu’un ou quelques-uns. Pour cette étape, il n’y a pas de limite de temps.
Deuxième stade : la personne a déjà approfondi le travail ; maintenant elle est prête à entrer dans un nouveau stade, celui d’apprenti. Elle aura déjà identifié celui ou celle qu’elle aimerait désigner comme son mentor. Ce mentor et deux autres enseignants expérimentés doivent donner leur appui à la personne pour qu’elle puisse passer au deuxième stade : être apprenti.
Ces trois recommandations sont indispensables. Il y a un formulaire à remplir et renvoyer à AST (équipe administrative de soutien). L’équipe de l’AST ne décide pas qui peut devenir professeur ; elle est là pour mettre de l’huile dans ce processus, faciliter les relations entre les élèves, les mentors et le corps des mentors.
A priori, la demande est acceptée. L’AST peut demander un avis à d’autres enseignants. Un exemple : si quelqu’un a beaucoup travaillé avec Panthéâtre à Paris pendant des années mais que personne de Panthéâtre ne donne un avis ou une recommandation sur cette personne, on peut demander à Panthéâtre son point de vue.
La personne est admise dans un processus d’apprentissage très individualisé entre l’apprenti et le ou les mentors (certains ont deux mentors). Ensemble, ils conçoivent le plan des études. Il inclue peut-être d’autres stages, d’autres leçons, l’observation des cours des profs ou, à l’inverse, le prof qui observe le cours de l’apprenti, des stages co-animés, ou toute formule utile à l’apprenti.
On recommande aux apprentis de rencontrer le maximum de profs Roy Hart, d’avoir un rapport avec la majorité de ces profs. Ainsi, ils découvrent les diverses tendances ; toutes ne leur conviendront pas mais, au moins, ils auront compris l’envergure, l’arc-en-ciel du Roy Hart.
Nous recommandons aussi une relation avec Malérargues, centre important de ce travail. D’autres artistes sont ailleurs mais Malérargues reste le point de repère important. Il n’y a pas de délai, cette étape peut durer deux ans, ou plus ou moins selon les personnes. A un moment donné, l’apprenti et le mentor se sentent prêts. Avec l’appui de quatre autres professeurs, ils présentent une demande auprès du Collège des Mentors.

Comment se passe l’évaluation ?
Le mentor doit décider du moyen d’évaluation. On a choisi de conserver certaines obligations du système précédent, par exemple rédiger un mémoire. Mais pour l’essentiel, on veut un processus continu d’évaluation dans le temps. Une fois que le Collège des Mentors a donné son accord pour que l’apprenti devienne « professeur reconnu par le Centre Roy Hart », la demande est soumise au Conseil d’administration du Centre, qui entérine la proposition et a le dernier mot.

A lire : « Vocal Traditions: The Roy Hart Tradition », Article très complet de Kevin Crawford et Noah Pikes dans la revue Vasta.

En préparation : Kevin Crawford, biographie de Roy Hart, extraits et exercices, à paraître dans la collection Routledge Performance Practitioners.

Qui était Alfred Wolfsohn ?, par Ralf Peters

Au cimetière de Golders Green à Londres, on pouvait trouver depuis près de 50 ans une plaque avec la citation allemande « Lerne singen, o meine Seele », « Apprends à chanter, ô mon âme ». Elle y a été placée à la mémoire d’Alfred Wolfsohn, décédé en 1962. Cette année (2020), la plaque sera transférée et accueillie à Malérargues, l’endroit même qui a été fondé et inspiré par le plus important élève et successeur d’AWE (comme Wolfsohn était appelé par ses élèves) : Roy Hart.
C’est peut-être le bon moment pour poser une nouvelle fois la question : Qui était cet homme qui a changé l’idée de la voix humaine pour toujours ? Il existe une quantité de documents écrits à son sujet (voir liste ci-dessous).
Né en 1896 à Berlin (Allemagne), il a été contraint de rejoindre la Première Guerre mondiale alors qu’il n’avait que 18 ans. Il a survécu à ces quatre années, mais il en est sorti profondément traumatisé. Il lui a fallu beaucoup de temps pour trouver une voie qui pourrait l’aider à redevenir un « être humain » : AWE était convaincu que son âme était morte dans les tranchées de la guerre et c’est sa voix qui l’a aidé à se réanimer.
Les voix des soldats mourants ont joué un rôle majeur dans ses expériences traumatisantes de la guerre. L’histoire de la façon dont il a relié ces expériences à sa propre voix est devenue l’un des célèbres mythes fondateurs de notre travail vocal (un mythe dans le meilleur sens du terme !). Depuis lors, ce mythe a été raconté sous différentes formes. Elles sont toutes vraies.
AWE a commencé à explorer sa voix et, dans les années 1930, il est devenu professeur de chant et de voix. Il a écrit son célèbre manuscrit Orphée ou le Chemin du Masque où il développe sa vision d’une voix libérée, sans chaînes, libérée des restrictions culturelles autant que des inhibitions et limitations personnelles. Au sens d’AWE, ce processus a très peu à voir avec les techniques de chant mais beaucoup avec l’exploration de la relation entre votre voix et votre âme ! Apprends à chanter, ô mon âme !
A son époque, les idées d’AWE sur la voix humaine étaient absolument nouvelles. Avec son travail de pionnier, il a ouvert le champ de la voix libérée et, sans lui, le travail tout aussi novateur de Roy Hart et du Roy Hart Theatre n’aurait pas été possible.
Allemand juif à l’époque nazie, AWE a émigré à Londres en 1939 et a recommencé à enseigner la voix après la Seconde Guerre mondiale. C’est là que Roy Hart l’a rencontré et a décidé de travailler avec lui pendant les 12 années suivantes. Après la mort d’AWE en 1962, Roy Hart a créé sa propre version et vision artistique et sociale de la voix humaine et cette approche évolue jusqu’à aujourd’hui. Néanmoins, les racines qui ont été plantées par Alfred Wolfsohn sont toujours présentes dans notre travail et nos idées de la voix humaine.

Quelques documents sur Alfred Wolfsohn

– ses écrits sont disponibles à La Mémoire, les archives du Centre Roy Hart à Malérargues. La plupart existent en version anglaise, principalement traduite par Marita Günther qui est devenue l’héritière d’AWE. Très peu sont en français.
– Le manuscrit d’Orphée est disponible en format PDF dans une édition anglaise de Jay Livernois, traduite par Marita Günther et révisée par Sheila Braggins.
– À La Mémoire, il y a aussi du matériel audio et vidéo avec AWE et ses étudiants, édité par Paul et Clara Silber, pour les versions allemandes principalement avec l’aide de Ralf Peters.
– Sheila Braggins a écrit une biographie d’AWE : The Mystery behind the Voice, disponible à Malérargues.
– Il y a beaucoup de matériel sur AWE sur www.roy-hart.com. Aussi sur le site du Centre, https://roy-hart-theatre.com/fr/patrimoine/#alfred-wolfsohn
– Kaya Anderson est la dernière de nos enseignants qui a travaillé intensément avec AWE. Une source unique de « mémoire vive » !
– Dans le livre de Noah Pikes Dark Voices, il y a un chapitre sur Alfred Wolfsohn
– Dans Wege zur Stimme, de Ralf Peters, livre en allemand sur notre travail de voix, vous trouverez des informations sur AWE.

7 et 8 août, spectacle ZAUBER à Malérargues

Ian Magilton nous informe : « Notre Flûte enchantée. Die Zauberflöte tient une place de premier choix dans les recherches du Roy Hart Theatre du fait que cette œuvre a inspiré Alfred Wolfsohn il y a cent ans, au moment où celui-ci définissait son concept de « Voix humaine ». Il affirmait que chaque homme et chaque femme était capable de chanter tous les rôles de cet opéra et d’endosser tous les archétypes qu’ils représentent, des extrêmes aigus de la Reine de la nuit aux notes les plus graves produites par Sarastro, et qu’il y avait en chacun de nous un amoureux, une victime, un héros, un bouffon, un sage, un dictateur, une sorcière, un esclave diabolique et plus encore. Dans chaque émotion que nous éprouvons, il y a des passerelles vers toutes les autres. »

Musique : Wolfgang Amadeus Mozart. Arrangements musicaux : Sašo Vollmaier, Orly Asody et l’équipe de création. Kaya Anderson, Orly Asody, Caroline Boersma, Juliette Flipo, Stephan Koch, Douglas Macarthur, Ian Magilton, Ivan Midderigh, Emma Pannell, Anne Piffard, Nike Redding, Anita Roksvåg, Laurent Stéphan, Sašo Vollmaier. »

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